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Margot Thieux

  • Margot Thieux
  • Sage-Femme Expert (er).Chevalier de la Légion d'Honneur.  
 Sociétaire des gens de lettres
 "Géomancie : La Terre Vous Parle" -ed: Véga 
 Bienvenue Individuel-Groupe Dimanche inclus.
Montigny le Gannelon 28220
  • Sage-Femme Expert (er).Chevalier de la Légion d'Honneur. Sociétaire des gens de lettres "Géomancie : La Terre Vous Parle" -ed: Véga Bienvenue Individuel-Groupe Dimanche inclus. Montigny le Gannelon 28220

GEOMANCIE ONOMANTIQUE

 

Géomancie : "La Terre Vous Parle"

 

 

 

La Géomancie décrypte les aspects les plus complexes de nos interrogations.

 

Cette pratique est d'une exceptionnelle puissance.

 

Elle est aussi un étonnant outil de développement personnel.

 

La démarche est simple, précise, d'application immédiate.

 

Opérer les choix les meilleurs, c'est ce qui est proposé par Seize Figures Divinatoires.

 

Découvrir,  Assembler,  Décoder  les  Messages,

La  Réponse  est  Là  en  sa  Réalité  Surprenante.

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 10:41

Couvent de Massip...mes livres laissés à Figeac me manquent. La Lecture aussi. Sous la table de cuisine bien installée dans une chaise que je renversais  je lisais; bien souvent je pleurais si c'était triste : Hansel et Gretel le livre des avions- Bico, Gédéon fait du ski, Tintin, les livres de la Comtesse de Ségur née Rostopchine un drôle de nom et tant d'autres. J'excelle au JEU des OSSELETS et ses multiples facettes.

 Maman est venue avec tante Emma me rendre visite ce sera l'unique fois pendant près de 2 ans à Massip. J'en profite pour  obtenir d'être dans la classe des grandes, la classe des petites c'est trop facile. Madame Bergon et Madame Roques sont d'accord elles disent que si ça n'allait pas je pourrais redescendre chez les petites...   

Il y a une cousine  lointaine au couvent : je n'ai pas le droit de dire que nous sommes "famille". On l'appelle Hélène Muller...au lieu de ...

Massip, c'est absolument inouï combien j'y suis malheureuse.

Nous sommes en permanence une cinquantaine d'enfants je crois être la SEULE pas comme les autres...

Il y a quelques départs et des "nouvelles" qui arrivent...                           J'interroge l'une d'elles :

-Tu es Baptisée Oui...

-Tu as fait ta Première Communion ? Oui

-Ta Communion Solennelle ? Oui

-Tu es dans les Ordres ? = Oui

En classe je lui fait passer un bout de papier : tu es J. ? Oui...moi aussi.       Dorénavant je ne poserai plus ce genre de question.

Pour moi Madame Bergon à tous les droits. Si elle parle je suis fichue. J'ai peur qu'elle ne me dénonce aux Allemands si je ne suis pas sage. Alors je fais semblant. Du moins j'essaie.

Le prêtre l'Abbé Kirsch ...je vais me présenter au confessionnal ...

-Non tu n'as pas besoin de te confesser toi -tu es juive

-Ah non je suis baptisée. Je suis catholique

-As-tu bien tout dit ? N'es-tu pas allée dans le verger ?

-Oui j'ai pris des pêches...mais elles étaient vertes

- Alors tu as été bien punie...  -Oui j'ai eu très mal au ventre...

-Récite Trois Pater et 10 Ave. Et ne recommence pas.

C'est à Massip que je fais ma Première Communion. Un grand Bonheur.

Je rencontre mon Papa une seule fois pendant ces presque 2 ans. Mme Bergon m'a dit -Marguerite un Monsieur veut vous voir. Je le vois au travers d'une grille j'ai couru dehors appeler Mme Bergon en lui disant -C'est mon Papa, c'est mon Papa laissez-moi aller dans le parloir. Après quelques hésitations elle l'a permis. Je dois l'appeler Monsieur.

Je m'assieds sur ses genoux, je l'embrasse, je retrouve son odeur. Il m'a apporté une jolie pelote de laine blanche,  laissé un peu de bon manger : beurre, ce que je prends pour du foie gras, du sucre. J'ai tout donné aux autres et Hélène s'en est aperçue. Elle me dit -j'aime bien que tu donnes mais pas tout. Et moi je pense que donner c'est normal,  c'est faire un sacrifice pour Jésus qui a tant souffert.

A Massip une fille de ma classe feuillette mon livre de catéchisme elle me demande qui est  Marguerite Cerf -J'ai 8 ans, j'arrive à répondre effrayée   -c'est une petite fille qui s'appelait comme ça qui me l'a donné- Marguerite Cordier est écrit de l'autre côté.

Massip me réservera bien d'autres frayeurs dont celle de la venue d'une nouvelle maîtresse de Figeac avec la peur qu'elle ne me reconnaisse avec mon nom d'avant...Je me cache dans les cabinets et quand je n'entends plus le bruit des galoches je sors et tombe nez à nez avec une religieuse novice, à qui je bafouille : guerre-juif-catholique...tout de suite chez Mme Bergon...Elle m'accompagne et avant de sortir Mme Bergon lui dit : Ma Sœur  je n'ai pas à vous dicter votre conduite cette enfant nous a été confiée allez, priez et réfléchissez...j'ai eu très peur je me suis dit -si elle réfléchit elle va me dénoncer. Chez Mme Bergon où je m'étais réfugiée la nouvelle maîtresse arrive et dit qu'elle m'appellerai toujours Marguerite Cordier. Je l'ai embrassée tant et plus...(Plus tard, bien après la guerre j'ai su qu'elle aussi se cachait à Massip pour les mêmes raisons !)

A Massip je découvre la JUSTICE...Sous le préau je jouais aux osselets quand une petite fille prend mes osselets elle ne veut plus me les rendre. J'ai mordu son bras. Elle pleure et justement Mme Bergon passe, je ne peux pas mentir la trace de mes dents se voit : je me suis dit -elle va me dénoncer aux allemands. Elle demande "qu'est-ce que tu as fait à Marguerite pour qu'elle te morde ? "JUSTICE  la peur s'en est allée. Merci.

De Massip à Figeac j'ai droit à quelques permissions de sorties, je peux y rencontrer ma mère...Un jour elle tient à me raccompagner en train Figeac -Capdenac... Mme Bergon m'y attend dit-elle. Ce jour là à peine assises  deux allemands s'installent dans notre compartiment. Je me liquéfie. Nous arrivons et à la descente du train "elle" se met à leur parler en allemand leur indiquant quel quai ils doivent prendre pour se rendre -nach Toulouse. Mme Bergon m'attend elle "sent" mon immense peur, mes tremblements  elle m'entoure de sa cape, m'emportant hors de la gare dans ce que j'appelle la calèche tirée par un cheval qu'elle dirige.

Les rares permissions de sorties me font très peur, j'ai toujours peur que quelqu'un me reconnaisse d'avant, me dénonce...Le passage sous un petit pont m'effrayait intensément je me demandais si au bout un allemand y  était  ...Peur...Tout le temps...

Encore un souvenir de Massip...Les Allemands entourent le couvent. Nous avons ordre d'être très sages. Je n'ai pas mis ce matin un mouchoir dans ma poche. Je grimpe au dortoir et ouf... mouchoir. Je sais qu'une petite fille bien élevée doit toujours en avoir un dans la poche de son tablier. Si les Allemands me prennent ils verront que je suis une petite fille bien élevée.

Je regarde par la fenêtre un allemand lève son fusil vers moi et je plonge sous la fenêtre, avance toute baissée le long du mur rejoignant les autres sans que personne ne puisse me voir ni punir.  Cette nuit nous devons "dormir" avec nos souliers pour courir vite si besoin. Je délasse largement mes chaussures les pose par terre au côté du lit étant incapable de me mettre avec au lit avec me disant c'est largement ouvert je ferai vite. Bien plus tard je saurai la stratégie de Mme Bergon...confiant une petite à une grande et devant filer à toute vitesse dans la nature au cas où.

La présence de ces Allemands de la Division das REICH je le saurai bien bien plus tard recherchaient l'un des leurs...un polonais engagé enfui... Ceux-là mêmes qui quelques jours auparavant avaient effectué la Grande Terrible Rafle de Mai 1944 à Figeac, qui passèrent par Oradour sur Glane avant de rejoindre la "Normandie" lutter contre le débarquement.

Chère Gisèle venue "aussi" à Massip avec ton histoire...Plus de maman ...Un Papa qui voyage tu as 12 ans et tu fais pipi au lit...les draps restent pendus sur le bas du lit pour sécher et quand tu n'as -pas fait- je me réjouis de ne pas voir les draps pendus. Nous nous sommes rencontrées en France après un article que j'ai écrit paru dans Marie-Claire 1986/1987 tu l'as lu en Amérique et nos souvenirs se sont mêlés. Ton père t'avait dit : n'oublie jamais ce nom Madame Bergon...tu t'es allongée hurlant par terre.

Le Couvent de Massip fermera et je vais chez une famille Mr et Mme POULET à Issepts jusqu'à la fin de la guerre toujours en étant Marguerite Cordier avec interdiction d'aller à l'école. Ma mère est cachée au Couvent de Fons avec grand-mère et cousine Lisette. C'est à 4 km. d'Issepts et par les champs, les accourcis je dois l'appeler Madame si je la vois. La Directrice de l'Ecole amie de la famille Poulet m'apporte des livres...Tous les "Heidi" !! tous ceux de la comtesse de Ségur et surtout ceux de la MYTHOLOGIE le monde du dessous et du dessus-Un monde d'exemples.  

A Issepts j'apprends à respecter les "simples"...C'est comme ça que l'on appelle ce jeune garçon avec un goitre énorme assis devant la petite ferme de Mr et Mme Poulet et je pense qu' il nous préviendra si des allemands viennent. C'est comme ça qu' il nous protège.

J'ai appris que je tremblais comme une feuille lorsque les allemands sont passés autour du village...madame Poulet venait de dire -ô regardez comme elle tremble, elle tremble comme une feuille. J'ai regardé un arbre pour savoir comment tremblaient les feuilles...

J'ai aimé le petit pain que Mme Poulet faisait pour moi au milieu des autres réservés à toute la famille.

J'ai aimé aller aux ramassages des champignons...

J'ai aimé les "moissons" j'apportais les morceaux de pain aux gars qui participaient à la moisson...

J'ai aimé la naissance d'un tout petit mignon frisé agneau, tout mouillé...

J'ai aimé broder F.F. I. pour des brassards

J'ai aimé le panier tout frais que Mme Poulet faisait et apportait à son mari dans les champs, le tout bien entouré d'un torchon tout blanc et du vin.

J'ai regardé incrédule "mémé" elle n'a pas de culotte, faire pipi dans sa main et me soigner là où la guêpe m'avait piquée...ça faisait drôle dans le champ quand  nous allions cueillir des "Reine Claude", parce que moi je cherchais la "Reine" Claude,  je ne la voyais pas. Mémé m'a expliqué...

J'ai rencontré des enfants de "l'ASSISTANCE" j'ai partagé mon goûter en mettant sur leur pain sec "ma" confiture et la dame a dit en me voyant faire -elle a bon cœur ...En dehors de moi il y a d'autres malheureux. Mais ces deux petites filles ignoraient l'enfant que j'étais.

Retour à Figeac...ma mère a fait venir des prisonniers allemands que la prison  "prête" pour des travaux divers et lors de déménagements. Elle leur dit "wir sind jude"... Je dois raccompagner l'un d'eux qu'elle a gardé plus tard que les autres...Elle lui a donné une miche de pain qu'il a mis dans son pantalon...J'ai tellement peur...Je marche bien en avant de lui pour m'enfuir rapidement s'il me veut du mal. Nous rencontrons un autre allemand qui dit  "fais bien attention ils fouillent chacun d'entre nous"...       L'allemand est ma 2ème langue maternelle...A la prison j'attends que mon allemand  passe devant les fouilleurs français, ouf ! "ils" n'ont rien vu de la miche, alors je m'en vais. Pas vu pas pris. J'ai le cœur heureux et content.

Chère Margot, voici un témoignage bien poignant !

Il révèle combien cette période fut sombre pour notre humanité, mais il dévoile aussi, combien dans cette nuit tragique de notre histoire, subsistaient, ici et là, quelques lumières, malgré la malignité des hommes à faire le mal dans ce qu'il a de plus radical. Des êtres qui font honneur à l'humanité ont su manifester, au péril de leur vie et sans attendre aucune récompense, la lumière des valeurs humaines et des idéaux chrétiens. Des enfants furent sauvés, prolongeant la vie et la force de l'Espérance. Un témoignage qu'il est bon de lire ou d'écouter, afin de conserver une vigilance de la conscience, face un possible retour de "la bête immonde" (Bertold Brecht). Merci chère Margot pour la force de ce témoignage !

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